Muséum d’Aix-en-Provence

L’herbier du muséum d’Aix-en-Provence regroupe environ 80 m3 de plantes séchées réparties dans deux grandes salles de conservation. La collection a été évaluée à 420 000 spécimens répartis dans environ 80 herbiers d’intérêt variable. Certains, relativement anciens, ont un intérêt patrimonial ou historique, d’autres pédagogiques, ont une visée éducative ; d’autres, enfin, présentent un intérêt scientifique majeur pouvant contenir des types nomenclaturaux. L’herbier d’Aix (AIX) est l’une des plus importantes collections d’herbiers de la région PACA (évaluée pour l’instant à 1,5 millions de spécimens) avec Avignon. Constituées par l’activité du Muséum depuis sa création en 1838, elles ont été récemment enrichies par des dons ou des achats. Le Muséum accueille en dépôt l’ensemble des herbiers de l’Université Paul Cézanne d’Aix-Marseille II (MARSSJ).

D’un point de vue patrimonial, le muséum d’Aix en Provence possède un herbier médical du XVIIIe, cahier réalisé par un étudiant en médecine ou pharmacie où les plantes sont classées en fonction de leurs propriétés médicinales ainsi qu’un herbier dit de jeunes filles, anonyme, livre constitué d’un recueil de fleurs (XIXe).

D’intérêt scientifique, les herbiers de cryptogames représentent une part importante de ses collections propres (30 000 spécimens) principalement due à l’importante collection de lichens confectionnée par Raymond Dughi, ancien conservateur du Muséum. Cette collection présente 17 000 échantillons de toute la région Provence Alpes Côte d’Azur, collectés entre 1850-1950. La plus belle collection de mousses, réalisé avec grand soin par l’allemand Van Hoppe en 1816, regroupe les principales mousses d’Allemagne.

Le muséum possède également un vieil herbier anonyme contenant 2500 algues datant des années 1810-1820 de la région de Cherbourg, et un herbier d’algues de la région marseillaise, confectionné dans les années 1930. Il constitue un inventaire précieux du milieu marin local dont on n’a que peu d’information. Il existe plusieurs herbiers de champignons saprophytes, mycorhizes et parasites (Couderc, Feuillaubois, Brévière, etc.).

Parmi les collections de phanérogames, des herbiers locaux sont bien représentés avec notamment ceux d’Achintre & de Fonvert et de Reynier, botanistes de la région de la fin du XIXe siècle. Le Var est le département le mieux représenté avec l’herbier Fiereck, l’herbier Reynier, l’herbier de Jahandiez et l’herbier Lacroix comportant des planches de Blanc. La région de Gap est représentée par l’herbier de Borel. De nombreux herbiers recouvrent des plantes de la France entière (Herbier du pensionnat des frères d’Avignon, herbier d’Audibert, herbier de Gruber…). Les origines géographiques des herbiers de phanérogames sont très variées. La région méditerranéenne est représentée par les herbiers de Quézel (Grèce, Turquie) ; Cousturier (Crète), Zevaco (Corse, Crète), Abtroun, Hébrard (Chypre)…

Sur le continent africain les herbiers de Baudon et Maoux sont constitués de plantes du Togo, du Gabon et du Congo ; l’herbier de Winter d’Afrique du sud et l’Angola, les herbiers de Quézel du Soudan, du Tchad et d’Algérie et les herbiers de Jahandiez et Cousturier pour l’Afrique du Nord. Une centaine de types nomenclaturaux d’Afrique (herbier Quézel, Jahandiez et de Winter) ont été repérés. Des fougères de Nouvelles Calédonie et de Bornéo ont été récoltées en début du XXe siècle.

Deux herbiers sont à visée pédagogique, le premier du XIXe siècle réalisé par les frères des écoles chrétiennes d’Avignon avait pour objectif d’apprendre à identifier les familles et à connaitre leurs propriétés. Le second, réalisé dans les années 1980/1990 par une équipe de maîtres de conférences de l’Université d’Aix Marseille III, dont Michel Gruber, permet d’identifier les espèces des différents milieux écologiques en région méditerranéenne de la dune littorale aux combes à neige.

L’informatisation des herbiers a débuté en 2001 sous format Access ; plus de 18 000 spécimens ont été enregistrés. Une conversion des données sur Sonnerat est en cours ainsi que l’informatisation de nouveaux herbiers.

Herbier médicinal du XVIIIème siècle © MNHN - Patrick Lafaite

Spécimens de champignons conservés dans du papier fin. Collecteur inconnu © MHNA

Type de Euphorbia nereidum Jah. et Maire. Herbier Émile Jahandiez © MHNA

Restauration des herbiers par une équipe de bénévoles © MHNA